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Le fleuve Niger

Caractéristiques physiques du Fleuve Niger au Mali

Climat

Régime hydrologique

Potentialités des eaux de surface

Les aquifères généralisés 

Le fleuve Niger est le troisième des grands fleuves d'Afrique (après le Nil et le Congo), tant par sa longueur (4 200 km) que par la superficie de son bassin théorique (2 000 000 km2) qui occupe le cœur de l'Afrique de l'Ouest et une partie de l'Afrique Centrale. Son bassin géographique comprend d'immenses zones désertiques avec de vastes vallées en cours de fossilisation.

Le bassin du fleuve Niger couvre les territoires de 10 pays africains et dans les proportions suivantes: Algérie 3 %, Bénin 2 %, Burkina Faso 4 %, Cameroun 4 %, Côte d'Ivoire 1 %, Guinée 6%, Mali 25 %, Niger 22 %, Nigeria 32 %, Tchad 1 % .

Le fleuve Niger joue un rôle crucial dans les pays qu'il traverse.  Il fournit aux populations riveraines croissant rapidement de précieuses ressources en poissons dont l'exploitation jusqu'à une date récente était soutenable.  Les plaines inondées du Fleuve sont utilisées de manière extensive pour de la culture du riz, du coton et, dans la zone septentrionale, celle du blé.

Le fleuve Niger prend sa source sur le versant Sud du Fouta Djallon en Guinée, une zone montagneuse dont le point culminant est d'environ 1 000 mètres.  Au départ, le fleuve et ses principaux affluents dévalent des pentes abruptes.  Ensuite, peu avant son entrée au Mali il devient navigable de Kouroussa à Bamako, avant de s'étaler en un Delta Intérieur à la bordure méridionale du Sahara.  La moyenne de son volume annuel y compris celui de son affluent le Bani, tourne autour de 55 milliards de m3 approximativement.  La plaine inondée du fleuve à mesure que le Niger coule le long de la bordure du Sahara, couvre une superficie moyenne d'environ 20 000 à 30 000 km2.

Le fleuve Niger sert d’habitat à plus de 130 espèces aquatiques (y compris les poissons, hippopotames, crocodiles et lamantins) et 350 espèces d’oiseaux dont 108 sont  migratrices paléarctiques (c.à.d. en provenance des régions froides et tempérées de l’hémisphère Nord pendant l’hiver boréal). Par ailleurs, l'importante biomasse végétale créée par cette étendue de zones humides constitue un réservoir unique de biodiversité et une barrière essentielle contre l'avancée du désert.  Le delta intérieur du Niger est particulièrement considéré comme l'une des zones inondées les plus importantes du monde et un biotope exceptionnel dans une zone sahélienne.  C'est le centre d'une gamme fondamentalement importante, diverse et unique de ressources végétales et animales qui sont significatives sur le plan mondial et d'une importance essentielle pour le développement des pays de la région.

 

Caractéristiques physiques du Fleuve Niger au Mali

Pays enclavé et continental situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest, le Mali dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel comme le fleuve Niger qui y parcourt 1 750 km sur une longueur totale estimée à 4 200 km. La portion malienne du bassin du Niger est évaluée à 570 000 km2 soit 48 % de la superficie totale du  pays (voir figure ). 

Le fleuve forme une vaste zone d'inondation au centre du pays avant de décrire une boucle à l'entrée de la zone subdésertique. Le fleuve et ses affluents arrosent totalement ou partiellement, six des huit  régions administratives du pays et le District de Bamako (voir figure ).

 

Climat

Le bassin du fleuve au Mali est sous l’influence du climat tropical dans lequel les précipitations annuelles varient de moins de 200 mm au Nord à plus de 1100 mm au Sud. Les régimes pluviométriques sont caractérisés par l’alternance d’une saison sèche (dont la durée varie de 5 mois dans la partie sud à 9 mois au nord) et d’une saison humide ou hivernage qui débute en avril - mai et se termine en octobre - novembre.

La hauteur annuelle de pluie et la  durée de la saison des pluies sont les principaux facteurs déterminants les quatre zones agro-écologiques ci-après du sud au nord:

•  la zone soudano - guinéenne avec des précipitations annuelles dépassant 1100 mm, situées sur et au sud de la ligne Bougouni-Sikasso et couvrant le Niger Supérieur et le Haut Bani avec une saison  de pluies durant sept à huit mois (avril – mai à octobre – novembre) voir Sikasso sur la figure 2;

•  la zone soudanienne centrée sur la ligne Bamako – Ségou - San avec des  précipitations annuelles variant de 1100 à 600mm et une saison pluvieuse de six mois (mai – octobre) voir Bamako – Sénou sur figure 2;

•  la zone sahélienne centrée sur la ligne Mopti – Gao et couvrant le Delta Central et la partie sud de la Boucle du Niger avec des précipitations annuelles comprises entre 600 et 200 mm et une saison des pluies de trois mois (juillet – septembre) voir figure 3.

•  la zone saharienne ou désertique centrée sur la ligne Diré – Tombouctou – Bourem et couvrant la partie nord de la Boucle du Niger avec des précipitations  annuelles inférieures à 200 mm et une saison des pluies réduite à deux mois (mi-juillet à mi-septembre) voir figure 4.

• Depuis 1970, le déficit pluviométrique se caractérise  non seulement par une rigueur et une persistance exceptionnelle notamment dans les régions sahéliennes mais également par une extension spatiale vers les régions plus humides au sud. Le déficit pluviométrique de la période après 1970 s’est traduit par une réduction des hauteurs annuelles de pluie de l’ordre de 20 à 50 % par rapport à la période avant 1970, soit 50 à 500 mm par an, ce qui correspond à une descente vers le sud d’environ 100 km.

 

Régime hydrologique

• L'une des caractéristiques du fleuve Niger et ses affluents  est la variabilité inter - annuelle et inter - saisonnière  des écoulements. En effet, le régime hydrologique commun à tous ces cours d’eau  est fortement dominé par les facteurs climatiques (précipitations) des hauts bassins situés en République de Guinée. Il est marqué par une importante variation saisonnière des débits entre la période de hautes eaux (crue) qui se situe entre juillet et novembre selon les cas, et celle de basses eaux (étiage) avec des débits quasi nuls vers avril-mai dans certains cas.

• Les crues démarrent vers la fin du mois de juin. La montée des débits est très rapide. Le maximum est atteint entre fin septembre  et début octobre pour le haut Niger à Koulikoro, soit un léger décalage par rapport au maximum des pluies.

Plus de 80% du volume des crues s'écoulent entre août et fin octobre à l'exception du fleuve Niger dans le Delta Central et en aval où la propagation des crues est plus lente compte tenu de la topographie des lits et du niveau avancé de leur encombrement par les bancs de sable.

La mise en eau du barrage de Sélingué en 1982 a fortement modifié le régime du fleuve Niger en aval de la confluence avec le Sankarani. En effet, les débits retenus dans la retenue entre août et septembre sont entièrement restitués  à l'aval  dès que les apports du Sankarani sont inférieurs aux besoins d'eau pour la production électrique. Les débits turbinés augmentent au fur et à mesure que la retenue se vide compte tenu d'une part de l'augmentation de la demande d'énergie pendant les fortes chaleurs et de la baisse de la chute utilisable du barrage  faute d'apports suffisants pendant la saison sèche d'autre part. Le barrage soutient ainsi considérablement les étiages du fleuve Niger.

Dans le Delta Central du fleuve qui couvre une superficie estimée à 30 000 km2, les pertes d'eau par évapotranspiration, infiltration et alimentation  des lacs et mares sont de 40 à 60% des débits d'entrée du Haut-Niger et du Bani.

En raison de sa morphologie générale, le Delta Intérieur fonctionne à l'inverse d'un bassin versant, le fleuve et ses principaux  bras distribuant de l'eau  dans la cuvette.

 

Potentialités des eaux de surfaceAncre

Le débit moyen annuel du Niger à Koulikoro est de 1330 m3/s soit un volume annuel de 42 milliards de m3. Les valeurs extrêmes observées en année humide comme 1967 et en année sèche comme 1984 sont respectivement de 1959 m3/s soit 62 milliards de m3 et 636 m3/s soit 20 milliards de m3.

Le débit moyen annuel du Bani à Douna est de 423 m3/s soit un écoulement annuel de 13 milliards de m3. Les valeurs extrêmes observées en 1967 et 1984 sont respectivement de 753 m3/s soit 24 milliards de m3 et 70,1m3/s soit 2 milliards de m3.

Les apports du Sankarani à Sélingué varient entre 200 et 400 m3/s soit un volume de 6 à 12 milliards de m3 selon l'hydraulicité de l'année.

 

Ainsi, le fleuve Niger et ses principaux affluents (Sankarani et Bani), ont un écoulement moyen annuel de 1750 m3/s, soit un volume de 55 milliards de m3. Les valeurs extrêmes observées sont de 2703 m3/s soit 85 milliards de m3 en 1967 et 706 m3/s soit 22 milliards de m3 en 1984.

 

En dépit des apports supplémentaires du Bani, le module du Niger à Mopti est nettement inférieur à celui de Koulikoro.

 

Les ressources en eau souterraine

 

Les eaux souterraines représentent un potentiel très important et généralement de bonne qualité, mais inégalement reparties et parfois difficilement mobilisables. Elles contribuent cependant, pour 85 à 90 % à l'approvisionnement en eau potable des populations, mais ne jouent qu'un rôle très accessoire pour l'irrigation en raison  de leur coût de mobilisation.

 

Les eaux souterraines du  bassin du Niger au Mali sont classées en trois grandes catégories selon le mode de gisement des eaux: les aquifères généralisés, les aquifères fissurés (discontinus ou semi-continus) et les aquifères superficiels

 

 

Les aquifères généralisés Ancre

 

Les aquifères généralisés sont associés aux formations détritiques peu ou non consolidés et d'origine essentiellement continentale qui se sont accumulés dans les bassins sédimentaires au Secondaire et au Tertiaire. Ces aquifères sont généralement multicouches avec une porosité inter granulaire et occupent un peu plus de la moitié du territoire national. Dans le bassin du Niger, ils occupent le Delta Intérieur et le nord de la Boucle du Niger. Ils renferment des eaux anciennes et généralement non renouvelables à cause de la faiblesse des précipitations et de leurs profondeurs souvent trop élevées ne permettant pas leur ré alimentation périodique. Les débits des forages de ces aquifères sont supérieurs à 10 m3/h pour plus de la moitié des cas et pouvant même dépasser 50 m3/h dans certains cas.

 

Les aquifères fissurés 

 

Ces aquifères sont associés aux formations cristallines (socle) ou sédimentaires anciennes du Précambrien et du Primaire. Ils sont caractérisés par des nappes semi-continues ou discontinues en fonction de la densité des réseaux de fracturation qui les affectent.

 

Les aquifères discontinus

 

Ces aquifères sont localisés en zone sahélienne ou désertique avec des précipitations  annuelles inférieures à 500mm.  Dans le Bassin du Niger au Mali, ils occupent, une partie de la zone lacustre en amont de Tombouctou et le sud - est de la Boucle du Niger (Gourma). Ces formations de recouvrement sont peu importantes et ne renferment que des nappes superficielles d'extension locale dans les bas-fonds et perchées au-dessus de la nappe fissurée du substratum. La ré alimentation de ces nappes par infiltration directe est significative pour les zones à pluviométrie supérieure à 400 mm. Pour les zones à plus faible pluviométrie, elle se fait d'une manière indirecte par infiltration des eaux de ruissellement. Les débits des forages de ce type sont supérieurs à 5m3/h dans 30% des cas.

 

Les aquifères semi-continus

La situation géographique ( Haut Niger et Haut Bani) de ces aquifères leur permet de bénéficier d'une pluviométrie élevée, de plus de 600mm et donc d'une recharge saisonnière qui se manifeste par des remontées de plusieurs mètres pendant l'hivernage. Le débit moyen des forages est de l'ordre de 5 m3/h. Environ 30 à 40% des forages ont des débits supérieurs à 5m3/h tandis que 10 à 20% ont des débits supérieurs à 10m3/h.

 

Les aquifères superficiels

 

Les aquifères superficiels gisent dans les formations de recouvrement et d'altération du Quaternaire. Dans les zones à faible pluviométrie, ces aquifères sont perchés et localisés dans les bas-fonds tandis que dans les zones soudaniennes et soudano-sahéliennes, ils sont semi-continus.

Régime des eaux souterraines

Les résultats du suivi des niveaux piézométriques ont mis en évidence les évolutions suivantes:

- tous les aquifères fissurés situés dans les secteurs de pluviométrie supérieure à 400 mm présentent des fluctuations de niveaux saisonnières notables ( de moins de 1 m à plus de 15 m) tandis que les variations inter annuelles ne sont que de quelques dizaines de cm. Ce qui témoigne de la faible capacité de régularisation de ces aquifères. Ceci explique l'abaissement généralisé du niveau des nappes depuis le début des années 70 consécutif à la longue période de sécheresse;

- les aquifères généralisés, hormis les secteurs rechargés par les eaux de surface (delta intérieur du Niger notamment), ne présentent pas de variations piézométriques notables.

Les réserves des aquifères du Mali sont estimées à 2 700 milliards de m3 avec un taux de renouvellement annuel de 55 milliards de m3. Seulement 106 millions de m3 sont actuellement exploités par an soit 0,2% des réserves.

 

 

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